La définition : faible imposition et opacité, les deux à la fois
L'OCDE, qui a forgé le concept en 1998, exige trois caractéristiques : une imposition nulle ou faible, l'absence d'échange effectif d'informations et un manque de transparence. Les trois doivent être réunies : un pays à fiscalité basse mais qui partage des informations avec d'autres administrations n'est pas un paradis fiscal selon cette définition.
Cette nuance sépare la Suisse ou Dubaï de l'idée du paradis fiscal classique. Elles taxent peu, mais depuis des années elles échangent automatiquement des informations fiscales avec l'Espagne et le reste de l'OCDE, donc elles ne remplissent pas la condition d'opacité.
Les listes qui comptent : UE, OCDE et l'espagnole
L'Union européenne tient une liste de juridictions non coopératives à des fins fiscales, qu'elle révise deux fois par an. Elle comporte une liste noire, avec les contrevenants, et une liste grise de pays qui se sont engagés à des réformes. En faire partie ne met pas le pays hors du monde, mais déclenche des mesures défensives des États membres, comme des retenues à la source et des règles spéciales de déduction.
En Espagne, la référence classique est le décret royal 1080/1991, qui recense les territoires considérés comme paradis fiscaux aux fins de la réglementation de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés. La pratique de l'administration fiscale a évolué vers les listes de l'UE et de l'OCDE, mais le décret reste cité dans les liquidations et les dossiers.
Ce qui se passe si vous opérez avec un paradis fiscal depuis l'Espagne
La loi présume que le contribuable qui fixe sa résidence habituelle dans un territoire qualifié de paradis fiscal a sa résidence en Espagne, sauf preuve contraire. C'est la présomption de l'article 8.2 de la loi sur l'impôt sur le revenu, et elle transforme le déménagement fiscal en problème s'il n'y a pas d'activité réelle derrière.
En outre, les paiements à des personnes ou sociétés résidentes de paradis fiscaux sont déclarés non déductibles sauf preuve qu'ils correspondent à des opérations réelles, et les opérations avec ces territoires sont traitées comme liées, avec les ajustements que cela implique à l'impôt sur les sociétés.
Dans l'ensemble, le dispositif pénalise la structure sans substance : si l'activité n'a pas de réalité économique, la déduction tombe et la résidence est contestée.
Pourquoi Andorre et Dubaï ne figurent pas sur les listes noires
Tous deux sont passés de territoires opaques à la signature d'accords d'échange d'informations. Andorre a une convention fiscale de non-double imposition avec l'Espagne et taxe les sociétés à 10 % ; Dubaï applique 0 % d'impôt sur le revenu des personnes et, depuis 2023, un impôt sur les sociétés de 9 %, avec des obligations de substance économique et un registre des bénéficiaires effectifs.
Cela n'en fait pas des régimes sans coût : la résidence fiscale personnelle s'acquiert avec 183 jours et le centre d'intérêts, et l'administration fiscale espagnole a toujours son mot à dire sur le revenu mondial d'un résident espagnol. Payer peu d'impôts de façon transparente et avec une activité réelle est très différent de cacher des revenus dans un territoire opaque.
Comment savoir si une structure est légitime ou non
Si les quatre réponses convergent, il s'agit de planification fiscale légitime. Si la structure n'existe que sur le papier et que l'activité reste en Espagne, le risque ne réside pas dans l'étiquette de paradis fiscal, mais dans l'absence de substance.
Key points
- ¿Hay actividad económica real en el país: local, personal, decisiones?
- ¿Se declara la renta allí y se paga lo que toca?
- ¿El país intercambia información con España?
- ¿La estructura se explica por negocio o solo por impuestos?


