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Télétravail en Espagne : accord de travail à distance et obligations

Le télétravail en Espagne est régi par le décret-loi royal 28/2020, qui définit à partir de quand un travail à distance est régulier, impose la signature d'un accord écrit avec un contenu minimal et met les frais à la charge de l'entreprise. Ce n'est pas une norme facultative : dès 30 % du temps de travail sur trois mois, la relation de travail entre dans son champ d'application et l'entreprise a des obligations concrètes.

Mis à jour le 2026-09-06 · Par l'équipe Filnet4 min read

Quand la loi s'applique

Le travail à distance est considéré comme régulier lorsque, sur une période de référence de trois mois, au moins 30 % du temps de travail est effectué au domicile ou dans un lieu choisi par le salarié (ou la proportion équivalente si le contrat dure moins longtemps). En dessous de ce seuil, la loi ne s'applique pas en tant que telle, même si ce qui est convenu dans le contrat peut le régir.

Le télétravail est la modalité du travail à distance qui s'exerce par des moyens télématiques de manière exclusive ou prédominante. La norme distingue les deux concepts parce que leurs obligations s'activent de la même façon : la frontière est la régularité, pas le type de moyens.

L'accord de travail à distance

L'accord est obligatoire et doit être formalisé par écrit avant le début de la prestation, avec une copie pour le salarié. Son contenu minimal comprend l'inventaire des moyens, équipements et outils ; le nombre de jours et d'heures de travail à distance ; le centre de travail de rattachement ; les horaires et les règles de disponibilité ; le pourcentage et la répartition entre présentiel et à distance ; le salaire et la compensation des frais ; et la manière de contrôler l'activité.

Ne pas formaliser l'accord constitue une infraction grave, passible d'une amende de 626 à 6 250 euros. L'entreprise doit en outre remettre une copie à la représentation légale des travailleurs, comme pour tout contrat.

Qui paie les frais

Le salarié à distance ne peut pas assumer les frais d'équipements, d'outils, de moyens et de consommables liés à son activité : ils incombent à l'entreprise, qui doit en outre se charger de leur entretien. La loi impose d'énumérer ces frais dans l'accord, de quantifier la compensation et de fixer le moment et la forme de son paiement.

La négociation collective peut préciser la formule : de nombreuses entreprises conviennent d'un montant fixe mensuel ou d'un pourcentage du salaire, d'autres d'un système d'indemnités. Si la convention collective ne dit rien, la compensation est convenue dans l'accord individuel, mais elle ne peut pas être nulle : la loi conçoit la compensation comme un droit, non comme une faveur.

Droits du télétravailleur

L'enregistrement du temps de travail s'applique de la même manière au télétravail : il doit refléter le début, la fin et les plages d'activité. L'entreprise ne peut pas exiger du salarié qu'il installe des programmes ou des applications sur ses propres appareils, et les systèmes de contrôle doivent respecter son intimité et sa dignité.

Key points

  • Equal treatment with on-site staff: pay, training, promotion and work-life balance
  • Schedule flexibility within what is agreed and respecting time recording
  • Right to digital disconnection outside working hours, guaranteed by article 88 of the LOPDGDD
  • Remote workstation risk assessment, with a home visit only with permission
  • Priority for on-site roles if they work 100% of the time remotely

Qui ne peut pas télétravailler sans nuances

Les mineurs et les personnes sous contrat de formation (stage ou alternance) ne peuvent travailler à distance que si au moins 50 % du temps de travail est en présentiel. Cette règle protège la formation et l'intégration dans l'équipe, et aucun accord contraire n'est admis pour les mineurs.

Le salarié qui passe au télétravail a droit à la réversibilité : l'entreprise ne peut pas imposer le télétravail comme définitif, et le salarié ne peut pas exiger de revenir au présentiel sans négociation, même si la jurisprudence tend à reconnaître la réversion lorsqu'elle a été convenue de manière temporaire.

Ce qu'il faut surveiller lors de la mise en place du télétravail dans votre entreprise

Un télétravail bien documenté simplifie la gestion des équipes internationales : l'accord écrit protège autant l'entreprise que le salarié, car il fixe les attentes en matière de disponibilité, d'horaires et de frais qui, sans lui, finissent à l'Inspection du travail ou devant les tribunaux.

Key points

  • Individual written agreement for each teleworker with the minimum legal content
  • Inventory of equipment and definition of expense compensation, quantified
  • Working time record that captures remote work
  • Digital disconnection protocol and criteria for device use
  • Review of occupational risks for the remote workstation

Questions fréquentes

À partir de 30 % du temps de travail sur une période de trois mois, ou la proportion équivalente pour les contrats plus courts. En cas de travail à distance régulier, l'accord écrit est obligatoire.

L'entreprise : équipements, outils, moyens et consommables, plus la compensation des frais convenue et chiffrée dans l'accord. Le salarié ne peut pas assumer ces coûts.

Le droit du salarié à ne pas répondre aux communications ni aux sollicitations en dehors de son temps de travail, garanti par l'article 88 de la LOPDGDD et exigible également en télétravail.

Oui, mais uniquement si au moins 50 % du temps de travail est en présentiel. Pour les mineurs, le présentiel minimum de 50 % est non négociable.

C'est une infraction grave passible d'une amende de 626 à 6 250 euros, outre l'obligation de régulariser la situation des salariés concernés.

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