Qu'est-ce qu'un licenciement collectif et quand existe-t-il
L'article 51 du Statut des travailleurs considère comme collectif le licenciement qui, sur une période de 90 jours, affecte au moins 10 travailleurs dans les entreprises de moins de 100, 10 % de l'effectif dans les entreprises de 100 à 300, 30 travailleurs dans les entreprises de plus de 300, ou tout l'effectif lorsque l'entreprise compte plus de 5 travailleurs.
En dessous de ces seuils, il n'y a pas de licenciement collectif, mais des licenciements objectifs individuels ou pluriels, avec une autre procédure et la même indemnisation de 20 jours par année travaillée.
Causes : les mêmes que l'ERTE
Les causes sont les causes économiques, techniques, organisationnelles et de production de l'article 51, les mêmes qui justifient un ERTE : pertes actuelles ou prévues, baisse persistante des revenus (deux trimestres consécutifs inférieurs au même trimestre de l'année précédente), changements dans les moyens de production, méthodes de travail ou demande de services.
Il existe aussi le licenciement collectif pour force majeure, avec une procédure différente : l'entreprise demande la constatation à l'autorité du travail, qui doit se prononcer dans un délai de cinq jours, et il n'y a pas de période de consultation.
L'entreprise doit remettre aux représentants des travailleurs un mémoire justificatif des causes et la documentation qui les atteste ; sans cette base documentaire, le licenciement est plus facile à contester et à déclarer abusif.
Procédure : communication, consultations et délais
La procédure commence par la communication du début du licenciement collectif aux représentants légaux des travailleurs et à l'autorité du travail, accompagnée de la documentation. Ensuite s'ouvre une période de consultation d'une durée maximale de 15 jours calendaires dans les entreprises de moins de 50 travailleurs, ou de 30 dans les autres.
S'il n'y a pas de représentants légaux, l'entreprise doit désigner une commission de trois travailleurs maximum choisis par l'effectif (la commission ad hoc, introduite avec la réforme de 2021), avec laquelle négocier également la période de consultation.
L'autorité du travail n'autorise ni n'approuve l'ERE : son rôle est de contrôle. À la fin des consultations, avec ou sans accord, l'entreprise communique à l'autorité et aux représentants la décision finale de licenciement, et les ruptures se produisent à partir de ce moment. Le préavis individuel au travailleur est de 15 jours.
Indemnisation et solde de tout compte
L'indemnisation légale du licenciement collectif est de 20 jours de salaire par année travaillée, avec un plafond de 12 mensualités, la même que celle du licenciement objectif. Elle peut être supérieure si elle est négociée pendant la période de consultation ou si la convention collective applicable la fixe.
Dans le licenciement collectif pour force majeure, ce n'est pas l'entreprise qui paie : l'indemnité de 20 jours par année avec un plafond de 12 mensualités est versée à la charge du FOGASA, le Fonds de garantie salariale.
L'extinction ouvre droit au solde de tout compte complet (salaire restant dû, congés non pris, part proportionnelle des primes supplémentaires) et donne accès à l'allocation chômage, car la cessation pour licenciement collectif constitue une situation légale de chômage.
Différences avec l'ERTE et priorités de maintien
L'ERTE suspend les contrats ou réduit les horaires de manière temporaire, sans éteindre la relation de travail ; l'ERE éteint les contrats de manière définitive. C'est pourquoi la loi oblige à privilégier la flexibilité interne : le licenciement collectif ne peut être utilisé que lorsque l'ERTE ou la réduction d'horaires ne suffisent pas à surmonter la situation.
L'entreprise doit respecter les priorités de maintien fixées par la loi ou la convention collective : les représentants légaux des travailleurs, ainsi que celles convenues dans l'accord, comme les personnes ayant atteint un certain âge ou ayant des charges de famille.
Le travailleur peut contester le licenciement, individuellement ou collectivement, dans les 20 jours ouvrables suivants. Si le juge déclare le licenciement abusif, l'indemnité passe à 33 jours par année avec un plafond de 24 mensualités, et en cas d'atteinte à des droits fondamentaux ou de causes de nullité, la réintégration est obligatoire.


