La durée légale : 35 heures
La durée légale du travail effectif est de 35 heures par semaine, ou de 1 607 heures par an si le décompte est annuel, selon le Code du travail français. C'est la référence pour calculer les heures supplémentaires : toutes celles effectuées au-delà de ce seuil.
En pratique, une journée normale représente 7 heures par jour du lundi au vendredi. De nombreuses conventions fixent des durées supérieures, de 37, 38 ou 39 heures, et compensent la différence par des jours libres : les fameux RTT. Une convention de 39 heures génère environ 9 jours RTT par an.
Heures supplémentaires : majorations et limites
Les heures supplémentaires sont payées avec majoration, sauf si la convention choisit de les compenser par un repos équivalent. Sans convention prévoyant le contraire, la majoration est de 25 % pour les huit premières heures hebdomadaires, de la 36e à la 43e, et de 50 % à partir de la 44e.
Le salarié ne peut pas refuser d'effectuer les heures supplémentaires demandées par l'employeur, et celles-ci sont décomptées par semaine civile. Le volume annuel est limité par un contingent qui, en l'absence de convention collective, est de 220 heures par salarié ; au-delà de ce seuil, outre le paiement, une contrepartie obligatoire en repos est générée.
Les plafonds non négociables
Même si la durée du travail est fixée par convention, il existe des limites d'ordre public qu'aucun accord ne peut enfreindre : 10 heures par jour, 48 heures par semaine et 44 heures en moyenne sur une période de 12 semaines. Le repos quotidien minimal est de 11 heures et le repos hebdomadaire de 35 heures consécutives.
Échappent aux 35 heures les salariés en forfait annuel en jours, qui travaillent jusqu'à 218 jours par an sans contrôle horaire, et les cadres dirigeants, pour lesquels l'autonomie totale est présumée. Pour les autres, l'enregistrement du temps de travail est obligatoire et l'inspection le vérifie de près.
Ce que coûte une heure supplémentaire sur la paie
À la majoration s'ajoute l'effet fiscal. Depuis 2019, la rémunération des heures supplémentaires est exonérée d'impôt sur le revenu pour le salarié jusqu'à 7 500 euros nets par an, et ses cotisations sociales sont réduites ; l'entreprise déduit en outre un montant fixe de ses cotisations patronales sur ces heures.
En pratique, une heure supplémentaire en France coûte plus cher qu'une heure normale, mais la conception fiscale fait que le salarié conserve une part plus importante de la majoration que dans d'autres pays. C'est pourquoi de nombreuses conventions préfèrent les jours RTT : du repos payé sans majoration pour personne.
Le contexte salarial
Le salaire minimum français (SMIC) s'élève à environ 1 800 euros bruts par mois en 2026, et le salaire moyen net se situe autour de 2 600 euros mensuels. Avec une durée du travail de 35 heures, la référence pour comparer avec l'Espagne reste toujours les chiffres bruts annuels : en France, on verse 12 mensualités, donc un brut mensuel de 2 600 euros représente 31 200 euros par an.
Si votre filiale va recruter en France, le calcul du coût par salarié commence par la convention collective du secteur : elle fixe la durée réelle du travail, les majorations et les jours de repos. C'est la première feuille à lire avant d'ouvrir le poste.


